Aller au contenu principal

L’industrie agroalimentaire bouge !

À l’agriculture, l’opinion publique demande d’utiliser moins de pesticides, de produire de plus en plus bio et de respecter le bien-être animal. Visés par des critiques parfois violentes, les exploitants agricoles ont amorcé depuis quelques années déjà une transformation de leurs modèles, sans toujours obtenir ni reconnaissance ni une meilleure rémunération. Ce qui peut donner naissance à des mouvements d’exaspération. À l’aval, l’industrie agroalimentaire opère également sa mue, de manière plus silencieuse. Régulièrement bouc émissaire d’émissions télévisées de grande audience ou d’ouvrages « choc », le secteur se remet en cause et s’évertue à mieux faire, en matière d’impact environnemental (pratiques RSE, achat local, emballages écoconçus…), mais aussi de nutrition via la reformulation de ses recettes. Un récent rapport de l’Oqali montre que les industriels ont revu leurs listes d’ingrédients depuis 2008 et levé le pied sur les additifs. La part des produits sans additifs progresse. Le prochain salon Food Ingredients Europe, qui se tiendra du 3 au 4 décembre à Paris-Villepinte, fera la part belle au « clean label » et au végétal. Avec pour objectif de permettre aux industriels de débarrasser leurs étiquettes d’ingrédients et additifs controversés et proposer des analogues aux produits carnés ou laitiers pour les flexitariens. Si certains essaient encore de minimiser ses effets, l’application Yuka, qui compte des millions d’utilisateurs, n’est pas étrangère à ce mouvement. De plus en plus de consommateurs s’en servent et apprennent à lire les étiquettes, n’hésitant pas à substituer leurs produits préférés lorsqu’ils sont mal notés. De plus en plus d’industriels scannent aussi leurs produits et tentent d’améliorer leur score en revoyant leur formulation. Un travail qui doit parfois s’accompagner de communication envers le consommateur. Comme Fleury Michon qui explique dans une campagne d’affichage la singularité du jambon zéro nitrite. L’industrie agroalimentaire bouge, elle doit le faire savoir et expliquer ses nouvelles méthodes.