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[Edito] Le discount n’est pas mort

On croyait le discount en voie de disparition en France… Or, Carrefour vient d’ouvrir deux magasins Supeco dans le nord de la France. Une enseigne de « soft-discount » importée d’Espagne et de Roumanie. L’objectif : proposer 2 000 références de produits à marques propres et marques nationales associant « prix bas et qualité des produits ». Les clients peuvent y bénéficier de prix encore plus attractifs sur les gros volumes. Avec ce magasin hybride entre Lidl et Costco, le distributeur souhaite ainsi renouer avec une frange des consommateurs non négligeable, qu’il avait pourtant quelque peu oubliés avec la cession de l’enseignes Dia en 2011. Or, les fins de mois sont difficiles pour beaucoup de ménages français, comme l’a rappelé le mouvement des gilets jaunes, toujours actif après l’été. Ainsi, une bonne part des consommateurs passe à côté de la montée en gamme tant promue par le chef de l’État en matière alimentaire. La dernière étude de l’Insee sur les niveaux de vie est assez instructive sur le sujet. En 2017, on comptait en France 8,9 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire, qui s’élève à 1 041 euros par mois pour une personne seule et 2 186 euros par mois pour un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans. Ce qui représente 14,1 % de la population. Et l’étude souligne une forte inégalité de niveau de vie. Les 20 % de personnes les plus aisées perçoivent 38 % de la masse totale des niveaux de vie, tandis que les 20 % les plus modestes en perçoivent 9 %. Vouloir proposer plus de produits bios ou sous signes de qualité, comme inscrit dans les différents plans de filières, est certes positif pour les producteurs et transformateurs en quête de valeur ajoutée. Mais cela s’accompagne d’un surcoût de production qu’une partie de la population française ne peut se permettre d’encaisser en bout de chaîne. Il reste une place en France pour des produits standard – parfaitement aux normes nationales, il serait bon que les services des fraudes y veillent, notamment dans le cadre des produits achetés via le FEAD –, mais avec un rapport qualité/prix optimisé. Le discount n’est pas mort.