Aller au contenu principal

[Edito] Le consommateur n’est pas une quiche !

« C’est une connerie après les “gilets jaunes” et les demandes sur le pouvoir d’achat. Qu’est-ce que l’on vient emmerder les consommateurs ? » Nous sommes le 30 janvier sur RTL, et Michel-Édouard Leclerc agite le chiffon rouge à deux jours du relèvement de 10 % du SRP imposé par la loi Alimentation, censé permettre un ruissellement et une revalorisation des prix agricoles. Une communication savamment orchestrée avec la parution le jour même dans Le Parisien des augmentations de prix des grandes marques au 1er février dans les rayons d’un « grand distributeur » ! Aux auditeurs, le distributeur lâche « la loi Alimentation nous oblige à augmenter 4 000 articles, je ne conteste pas le volet agricole, la revalorisation de la rémunération des agriculteurs. Mais posez-vous la question : pourquoi nous oblige-t-on à augmenter ces produits, qui ne sont pas agricoles mais produits par des multinationales ? » Effectivement, pour un consommateur, peu au fait du sujet des négociations commerciales et découvrant la loi Alimentation, il y a de quoi perdre son latin. « Vous industriels, vous devez gagner de l’argent et la grande distribution doit gagner de l’argent. C’est de la communication de crise contre la communication de crise, nous verrons bien si les gens on les abêtit ou s’ils sont intelligents », a lancé Didier Guillaume, le 30 janvier lors des vœux de l’Ania, assurant que le gouvernement irait jusqu’au bout de l’application de la loi. « Le consommateur, il faut pas le prendre pour une quiche ! a-t-il ajouté, tout produit, toute action mérite salaire, acheter des œufs bios moins cher que des œufs conventionnels ou une côte de porc pour deux gratuites, c’est plus possible ! » Le ministre pourra compter sur le soutien de Système U qui a décidé de faire de la pédagogie pour expliquer la loi (lire notre interview de Dominique Schelcher, page 4). Michel-Édouard Leclerc a beau affirmer qu’il est légaliste, il fera tout, lui, pour savonner la planche de l’expérimentation durant deux ans.