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Marché toujours en crise pour l’AG du MPB

Le jour même de l’assemblée générale du Marché du Porc Breton, le cours 54 TVM connaissait un nouveau recul significatif de 3,7 centimes... La conjoncture ne s’améliore pas, alors que les ventes de viandes stagnent.

Pour la troisième année consécutive, l’assemblée générale du Marché du Porc Breton s’ouvre avec un cours qui frôle l’euro», a déclaré jeudi dernier Jean-Jacques Riou, président du MPB.

Quelques heures auparavant, la séance de cotation s’était traduite par une nouvelle baisse de 3,7 centimes du cours 54 TVM, établi à 1,045 euro/kg. Pourtant, en ce moment, ce n’est pas la production qui pèse sur le marché puisque le poids de carcasse est inchangé depuis 4 semaines. Mais la mévente en viande persiste, et les restitutions ne sont plus là pour soutenir l’exportation… Il semble qu’il ne reste plus qu’à attendre avec impatience l’arrivée du mois de mai et l’amélioration saisonnière du marché qui devrait, normalement, être amplifiée cette année par les retombées de la canicule de l’été dernier…

Mais en attendant, comme l’a souligné le directeur du MPB, « il est impossible que les cours restent aussi bas pendant encore plusieurs mois sans que des mesures drastiques soient prises dans les élevages ».

Un bilan 2003 particulièrement morose

Le bilan de l’année 2003 est bien morose. Sauf pour l’Espagne, tous les pays d’Europe ont été frappés par la crise. L’incertitude est grande pour les mois à venir, alors que s’approche la date d’entrée de 10 nouveaux pays dans l’UE. Les perspectives de production données par Bruxelles se sont souvent révélées fausses, et il est bien difficile de savoir comment évoluera le commerce après le 1er mai. Cependant, il semble à priori que dans cette nouvelle zone la demande soit plus importante que la production, ce qui devrait normalement plutôt bénéficier à nos marchés.

Mais il est fort heureux que ces pays soient demandeurs, puisqu’en 2003, contrairement aux prévisions, la production européenne était encore en croissance. Alors qu’au dernier trimestre Bruxelles annonçait une baisse de 7,2 % de la production espagnole, celle-ci aurait augmenté de 5 % De même en Allemagne, ou plutôt qu’un recul de 0,5 % de la production, nous avons assisté à une augmentation de l’ordre de 4 %. Aux Pays-Bas, où les perspectives étaient à une baisse significative des abattages (-4,6 %), il semble que l’offre soit restée aussi importante que l’année précédente…

Percée espagnole sur le marché français

En 2003, l’Espagne a confirmé sa position de premier exportateur sur le marché français, avec une croissance de 34,7 % de ses expéditions. De ce fait, alors que les prix de la viande étaient auparavant sujets à une pression continue et régulière du nord de l’Europe (Danemark, Allemagne), le marché doit maintenant s’adapter à un cycle qui subit de très larges variations saisonnières. En été, le prix espagnol se situe toujours en tête du marché européen, puis il s’effondre très brutalement pour devenir le plus compétitif dès l’automne.

Cette percée espagnole s’est faite au détriment des Pays-Bas et du Danemark qui ont vu leurs exportations vers la France baisser respectivement de 27,1 % et 11 %.

Une note finale plus optimiste !

Mais la séance s’est achevée sur une note plus optimiste, puisque le dernier intervenant, représentant du Crédit Agricole, a prédit « pour la première fois depuis trois ans » une reprise de la croissance en Europe. Espérons que cette reprise atteindra aussi le marché du porc !