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Le malaise persiste dans la filière porcine

Alors que la mise en place des grillades devrait dynamiser le marché porcin, les cours du vif, dans les différents pays membres, ne progressent pas. De plus, la menace de fermeture du marché russe plane toujours sur l’Union.

« Situation correcte», a conclu le dernier comité de gestion viande porcine à Bruxelles. L'analyse des différents marchés au sein de l'Union laisse pourtant apparaître une conjoncture morose.

En France, la cotation au cadran a enfin grapillé quelques points jeudi dernier, et s'est établie à 1,007 euro/kg (soit une hausse de 0,5 centime, après le statu quo du lundi). Ce niveau reste supérieur à celui de 2003 (0,955 euro/kg), mais les coûts de production ne sont plus les mêmes. Le prix de l'aliment est en effet plus important cette année. Selon les calculs de l'Institut technique du porc (ITP), la valeur de l'aliment pour le mois de mars est de 202 euro/tonne, alors que l'an dernier, à la même période, cet indice était de 161 euro/tonne.

Les perspectives d'évolution sont plus favorables pour le mois de mai. Deux semaines de bonne activité (plus de 390 000 porcs abattus dans l’Ouest) ont permis de fluidifier le marché, et selon le MPB, les annonces des groupements pour les semaines à venir sont plus faibles. Cette réduction de l'offre, combinée à une demande qui devrait s'améliorer pour les grillades, pourrait permettre une hausse du vif. Pour le moment, les ventes de pièces à griller se développent doucement... L'épaule, mais aussi le minerai s'écoulent régulièrement. Le commerce est plus lent en jambon, et les importations de produit espagnol alourdissent l'offre.

Russie-UE : les négociations se poursuivent

L'inquiétude réside dans la fermeture du marché russe. L'épisode a connu un nouveau rebondissement la semaine dernière. En effet, après que la date butoir a été repoussée au 1er juillet, les autorités russes ont finalement choisi le 1er juin comme limite d'ouverture de leur marché. Cela ne laisse plus qu'un mois pour trouver un compromis sur les certificats sanitaires uniques. La 72e session générale de l’OIE, en mai à Paris, sera l’occasion de nouvelles discussion avec les vétérinaires russes. Le SNCP reste confiant quant au dénouement de la situation.

Dans le reste de l'Union, la tendance n'est guère plus euphorique. Les pays bénéficiant de courants d'exportation réguliers sont plus épargnés. C'est le cas du Danemark, qui, grâce à ses envois vers le Japon, réussit à maintenir un niveau satisfaisant du cours. Le prix d'acompte est actuellement à 8,20 Dkr/kg (soit 1,102 euro/kg) pour la semaine 19.

Aux Pays-Bas, l'évolution était baissière la semaine dernière (- 2 centimes lundi). Le jour férié pour l'anniversaire de la Reine, vendredi, a perturbé les circuits de distribution, et l'offre s'est montrée trop large pour les besoins des abatteurs. Le 3 mai, la référence du taux de viande maigre passera à 56 % (au lieu des 54 %), ce qui entraînera une hausse artificielle des cotations. Pour le reste, les prévisions sont hasardeuses. Le marché du porcelet est difficile dans ce pays, d'autant plus que les espagnols, plus concurrentiels en terme de prix, ne sont pas acheteurs. Pour le vif, seule une demande supérieure de la consommation, avec l'arrivée du beau temps, pourrait sortir le marché de sa torpeur.

L'Allemagne affiche également un marché hésitant. Après la baisse importante de lundi dernier (- 3 centimes), le cours s'est stabilisé à 1,30 euro/kg jeudi.