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Nutrition spécialisée

Les normes comme facteurs de compétitivité

L’intérêt de la normalisation volontaire dans le secteur de la nutrition spécialisée a été abordé à travers deux cas concrets lors des dernières Journées aliments & santé à La Rochelle les 20 et 21 juin.

Gilles Groleau, directeur qualité à Blédina, et président de la commission Afnor sur l'alimentation infantile. © T. G.

« La normalisation est un outil d’aide économique », a estimé Thierry Bergier, responsable développement de la normalisation agroalimentaire au sein de l’Afnor, en introduisant la conférence « nutrition spécialisée : toujours plus proche des besoins des consommateurs » lors des dernières Journées aliments & santé (JAS), qui se sont déroulées les 20 et 21 juin à La Rochelle. Il a ensuite exposé comment professionnels et utilisateurs coproduisent ces outils d’application volontaire. Deux exemples ont illustré son propos. Le premier, tout récent, concerne le secteur des aliments infantiles.

Bientôt un logo Destiné à l’alimentation du tout-petit

Confrontés à une baisse de leur marché, liée à la réduction du nombre des naissances, à la vogue de l’allaitement maternel et du fait maison, mais aussi aux doutes croissants des familles, les professionnels français de la filière ont cherché un moyen de retrouver de la compétitivité. Ils ont créé ensemble la norme NF V90-001:2017, qui identifie avec un symbole graphique les produits spécifiquement adaptés à l’alimentation du nourrisson et des enfants en bas âge. Cette norme, c’est une innovation, intègre un site Internet conçu dans la même logique de pédagogie. « La reconnaissance d’un bénéfice rationnel des produits va permettre aux entreprises de mieux communiquer sur le bénéfice émotionnel qu’elles peuvent apporter », a souligné Gilles Groleau, directeur qualité à Blédina, qui a présidé la commission Afnor. La norme ayant été adoptée le 1er décembre 2017, le logo Destiné à l’alimentation du tout-petit sera progressivement apposé sur les emballages dans les prochains mois.

Une norme antidopage

En 2010, a de son côté raconté Nicolas Cappelaere, PDG des Laboratoires Ineldea, les fabricants français de produits pour sportifs et le ministère des Sports ont cherché une solution pour crédibiliser leurs gammes, lever les suspicions de produits dopants, et se distinguer « des auto-certifications et des pseudos labels privés ». Deux ans de travail ont été nécessaires pour aboutir à une norme (NF V94-001:2012) de bonnes pratiques de fabrication, « facile à mettre en œuvre par des PME ». Cette norme définit des procédés de contrôle sur les matières utilisées et sur les sites de fabrication, de façon à garantir l’absence de substances interdites dans les produits. Elle a « fait valoir le savoir-faire des entreprises françaises, leur démarche qualité et leur éthique, et a un retour fort sur nos circuits de distribution », a rapporté Nicolas Cappelaere. Ces deux cas, a conclu Thierry Bergier, démontrent que « la norme volontaire est synonyme de performance, de compétitivité, de qualité, d’innovation et de sécurité » et qu’elle peut ainsi « contribuer à rehausser l’image de l’agroalimentaire ».

L’Afnor, un acteur de poids au niveau mondial

L’Association française de normalisation (Afnor) compte 250 collaborateurs dédiés à la normalisation et 20 000 clients. Elle est le deuxième organisme de normalisation européen et tient le troisième rang ex aequo au niveau mondial. La France est particulièrement présente sur le secteur de l’agroalimentaire, dans lequel elle occupe plusieurs présidences de comités techniques internationaux. Au niveau mondial, on dénombre 34 375 normes volontaires dans l’ensemble des secteurs de l’économie. 90 % de ces normes sont d’origine européenne ou internationale. Les normes qui ont fait leurs preuves sur un marché national ont vocation à s’internationaliser. Des travaux ont ainsi été entamés au niveau européen après l’adoption de la norme française sur les compléments alimentaires pour sportifs.


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