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Lactalis ou les failles d’un système

« La contamination des laits infantiles et leur commercialisation auraient pu être évitées en présence de mécanismes d’autocontrôles ou de contrôles externes plus efficaces », écrivent Sophie Primas et Alain Milon, respectivement présidente de la commission des Affaires économiques du Sénat et président de la commission des Affaires sociales dans leur rapport de synthèse sur l’affaire Lactalis, après l’audition de ses protagonistes. Si la justice doit encore faire son travail pour définir les responsabilités et défaillances, on imagine mal comment Lactalis pourrait ressortir totalement blanchi de l’affaire. Toujours est-il que cette affaire retentissante a révélé des failles du système de sécurité sanitaire européen et français, rapportent justement les sénateurs dans leur intéressant travail. La politique de développement des autocontrôles en parallèle d’un certain désengagement de l’État a fini par montrer ses limites. « La réduction continue depuis plusieurs années du budget de la DGAL et de celui de la DGCCRF, est de l’avis général, à l’origine de certaines fragilités du dispositif de sécurité sanitaire », affirment les sénateurs qui estiment « indispensable d’augmenter les moyens dédiés aux inspections et d’accroître la fréquence des contrôles, tout en valorisant publiquement ces derniers ». La répartition des compétences entre autorités administratives mérite aussi d’être revue et clarifiée afin d’éviter les trous dans la raquette. L’intérêt des autocontrôles dans les entreprises n’est évidemment pas remis en cause, mais il serait opportun que leurs résultats quand ils s’avèrent positifs soient communiqués aux autorités publiques, même s’ils ne concernent que l’environnement de fabrication. Afin de davantage sécuriser le système, les laboratoires indépendants pourraient aussi signaler aux autorités administratives les résultats non conformes à la réglementation, dès lors qu’ils seraient confirmés par une contre-analyse. Le Sénat formule 17 propositions. Il paraît nécessaire que certaines d’entre elles soient reprises pour que l’affaire Lactalis ait au moins une conséquence positive : celle d’améliorer le système de sécurité sanitaire français.