Aller au contenu principal

La cantine se fait plus locale

« L’engagement d’atteindre 50 % de produits bios ou locaux en restauration collective d’ici 2022 est bien confirmé et nous permettra de repenser territorialement notre alimentation et d’accompagner la nécessaire restructuration de certaines filières », a déclaré Emmanuel Macron, le 11 octobre à Rungis, à l’occasion du point d’étape des états généraux de l’alimentation. Une déclaration un peu faible selon la Fondation pour la nature et pour l’homme (FNH) fondée par son ministre de l’Écologie. Audrey Pulvar, qui a succédé à Nicolas Hulot à la présidence de la FNH, a confié à l’occasion du salon Serbotel qu’elle aurait préféré que le président de la République affiche un objectif sur des produits bios ET locaux, rappelant que sa fondation milite pour 50 % de produits issus de l’agriculture durable dans les cantines d’ici à 2022 dont 30 % de bios. Un objectif très ambitieux au vu des chiffres actuels. Certes dans plus de la moitié des établissements du second degré, selon une récente enquête du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), les produits frais et les produits de saison sont présents dans plus de 25 % des menus proposés, mais seuls 8 % des établissements déclarent proposer plus de 25 % de produits bios dans leurs repas. Des initiatives telles que la plateforme Agrilocal permettent dans une trentaine de départements de rapprocher agriculteurs locaux et restauration collective. À travers la démarche Mon Restau responsable, lancée par la FNH et Restau’Co, qui prend de l’ampleur, et le réseau d’opérateurs engagés en cours de formation, des filières locales peuvent également se mettre en place. Via l’effet volume sur le facteur clé du coût matières en restauration collective, et surtout leur professionnalisme notamment en matière de transport et logistique, les grossistes et les marchés de gros rappellent aux élus qu’ils ont aussi leur rôle à jouer dans cet approvisionnement de proximité. Pour passer à la vitesse supérieure sur le local et le bio dans la restauration collective, il faudra s’appuyer sur ce maillon et ne pas tenter de le contourner à tout prix.