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[Edito] Bio : la question du juste prix

© Marta Nascimento/Carrefour

« Le bio doit être réservé à tous. Pour soi, pour ses enfants ou pour l’environnement, chacun a ses raisons de choisir de consommer bio ». La maxime est signée E.Leclerc. Et se situe en page 4 de son dernier catalogue de promotion qui affiche -25 % sur le café moulu bio et la tablette de chocolat noir bio à sa marque avec la carte de fidélité, -30 % sur de la confiture de fraise extra Jardin bio et même -40 % sur de la truite fumée Ovive bio. Du bio moins cher pour tous en cette rentrée : de quoi satisfaire le consommateur de plus en plus friand de ces produits. Mais est-ce vraiment une bonne idée à l’heure où le gouvernement fixe des objectifs sur le développement de la production française ? Et quand le nombre de conversions est plus fort que jamais avec 4 300 conversions sur le premier semestre, comme nous le confie Florent Guhl, directeur de l’Agence bio dans nos colonnes ? Le tout dans un contexte de baisse des aides à la conversion et au maintien. Pour l’heure, produire en bio génère un surcoût d’autant plus élevé que le risque parasitaire est haut dans certaines régions plus arrosées. Et tant que la recherche, le développement et l’innovation n’accéléreront pas sur les technologies alternatives à celles employées dans l’agriculture conventionnelle, ce surcoût restera une constante. Dès lors, si l’objectif du gouvernement et des distributeurs est de répondre à la demande de plus de bio et de local dans l’alimentation des Français, il est fondamental de rémunérer comme il se doit les producteurs bios. Au risque d’en voir, sinon, un certain nombre se décourager, voire se trouver contraints à quelques entorses au règlement pour survivre… On voit déjà l’œuf bio positionné comme produit d’appel dans les rayons. Si le mouvement tendait à se développer, on pourrait assister à un coup de frein de la production, comme on l’avait vécu il y a quelques années dans la filière laitière. La stratégie de la grande distribution en matière de prix sur les produits bios sera à regarder de près dans les prochains mois : elle déterminera l’évolution de ce modèle alimentaire et environnemental.

Lire notre dossier :

Quel profit tirer de la rivalité entre GMS et magasins spécialisés ? 

Et aussi :

L'interview de Florent Guhl, DG de l'Agence Bio : « Plus la production bio augmente, mieux c'est pour tout le monde »

Notre analyse de marché :

Viande bio : se développer sans destabiliser le marché

Ou encore la chronique juridique de Samuel Crevel (cabinet Racine) : 

Bio encore des textes à (re)positionner